Mais ils viennent par ici!... J’ai peur. Où me cacher?... Ah!...
Elle s’enfonce sous l’arbre à miroirs.—Toute la cour de Couturin, en arrivant, chante:
Mortels, que sa faveur inonde
De l’un à l’autre bout du monde,
Marchez où sa main vous conduit!
Tous ses ordres sont chose grave;
On est perdu quand on les brave.
On est sauvé dès qu’on les suit.
SCÈNE II.
LE ROI COUTURIN, LA REINE COUTURINE, avec toute la cour (hommes et femmes); GRAISSE-D’OURS, premier ministre.
Couturin et Couturine sont habillés à la dernière mode du jour, exagérée. Graisse-d’Ours, en veste, toute la barbe hérissée, l’air farouche, un tablier.—Tous les personnages de la cour représentent les divers métiers relatifs à la toilette.—Le roi arrive au milieu d’une estrade portée à bras, et assis dans une sorte de fauteuil ayant des compartiments sur les côtés, deux plumes d’autruche au haut des montants et un miroir dans le dossier. A droite et sur un siège plus bas, la reine; à sa gauche, sur un autre, siège le premier ministre.—Les porteurs abaissent le trône-estrade, tout doucement, jusqu’à terre.
LE ROI COUTURIN.
C’est bien! Arrêtez-vous! Et puisque nous voilà installés dans l’endroit trois fois coquet des séances royales, ayant à notre droite notre chère épouse, la sémillante Couturine...
COUTURINE, avec un regard langoureux, lui prend la main et la baise.
Toujours tendre, Couturin!