COUTURIN.
C’est que jamais tu ne te feras reconnaître, ni à lui ni à son compagnon.
JEANNE.
Pourquoi?
COUTURIN.
Parce qu’il t’a déjà repoussée quand tu étais une paysanne: l’oublies-tu? Et surtout écoute bien, tu ne doutes pas de mon pouvoir: n’est-ce pas moi qui t’ai donné plus de robes que tu ne possédais d’épingles et plus de perles fines qu’il n’y avait de grains de son dans l’auge de tes pourceaux? Eh bien, je te jure par cette même puissance que si tu viens à lui dire ton nom, à l’instant même, et comme d’un coup de foudre, tu mourras.
JEANNE baisse la tête, tandis que Couturin l’observe avec anxiété; puis lentement:
N’importe sous quel nom et sous quelle figure: pourvu qu’il m’aime, c’est tout ce que je veux! Partons-nous?
COUTURIN.
Oh! inutile! Le voilà qui vient pour des emplettes indispensables à son voyage!