JEANNE.
Pour un homme fatigué du monde, il serait doux cependant d’habiter une de ces maisons. (Paul se détourne avec dégoût.) Oh! l’intérieur vaut mieux! Si vous saviez comme chaque femme soigne son petit mari! Elle l’entoure de prévenances, fait les confitures, lui brode des pantoufles, le dorlote, le bécote, l’aide à s’habiller, et même lui présente... sa redingote! (Jeanne offre à Paul une des redingotes locales.) Passez-la!
PAUL, ébahi.
Pourquoi?
JEANNE.
On est si bien dedans! Je vous en prie!
PAUL, mettant la redingote.
(A part.) Elle est stupide, quoique charmante! (Haut.) Sans doute, cette vie-là possède des avantages. Mais ne croyez-vous pas, vous dont la voix est pure comme un chant d’oiseau et le regard cordial comme une bonne poignée de main, ne sentez-vous pas, dites, qu’il peut se rencontrer parfois des unions plus complètes, une félicité d’une telle ardeur qu’elle envoie ses rayons tout autour d’elle? L’enchantement qu’on a l’un de l’autre fait, au milieu des fanges de la terre, comme une poésie permanente: plus on s’aime, plus on devient bon; l’habitude seule de la tendresse conduit à l’intelligence de tout, et ce qui paraît de la vertu n’est que l’excès du bonheur!
JEANNE.
Ah! je vous comprends! Oui! oui!