Si parfois je m’écarte, ce sifflet d’or m’appellera.
(Il lui donne un sifflet d’or, qu’il avait à son cou et qu’elle passe au sien.)
La portière de cachemire faisant face au trône s’entr’ouvre, et il entre un nain d’aspect farouche, avec une aigrette à son turban, de très longues moustaches et un bâton d’ivoire à la main. Il conduit, marchant au pas et effroyablement armés, une escouade de six géants. Tandis qu’il s’avance jusqu’au pied du trône pour se prosterner, les géants s’alignent en haie contre la muraille et y restent immobiles.
SCÈNE II.
Les Mêmes, LE NAIN, général des géants, puis UN OFFICIER, puis LE CHANCELIER.
LE NAIN, après sa prosternation, se retourne vers les géants.
Plus haut, drôles! plus haut! Le menton levé! Qu’est-ce qu’une tenue pareille!... (Tous les géants tremblent d’effroi devant lui.) Place au messager des désirs de la souveraine! (En gardant le dos toujours collé contre la muraille, ils s’écartent de droite et de gauche; et alors paraît un officier en turban rose, avec des pantalons de mousseline claire, une veste bleue et un large sabre suspendu contre sa hanche par un baudrier.)
L’OFFICIER, ayant fait un long salut.
D’après les ordres de Votre Majesté sublime, nous venons de hacher en petits morceaux les douze misérables qui ne se sont pas prosternés assez vite, hier, quand vous passiez dans le bazar des soieries sur votre éléphant blanc.
JEANNE.