LES ARBRES.
Prunier, vous êtes obscène! Silence! Ah! voilà la brise heureusement, qui va chanter dans nos feuilles!
CHŒUR DES BRISES DANS LES ARBRES.
Réveillez-vous, arbres des bois;
Tressaillez toutes à la fois,
Forêts profondes,
Et, loin des rayons embrasés,
A la fraîcheur de nos baisers
Mêlez vos ondes.
Oh! comme avec un bruit joyeux
Nos ailes battent sous les cieux
Grandes ouvertes!
Oh! le délire et la douceur
De se rouler dans l’épaisseur
De feuilles vertes!
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Quels doux sons
Les chansons
Des pinsons,
Des merles!
Bois bénis,
Tous vos nids
Sont garnis
De perles!
Quand nous aurons quelques instants
Joué sous les berceaux flottants
De vos ramures,
Nous reviendrons dans les cités
Mêler un peu de vos gaîtés
A leurs murmures.
Ouvrez-vous
Devant nous,
Pins et houx,
Fougères!
Nous passons,
Nous glissons,
Nous valsons,
Légères!
A la fin, LES ARBRES baissent de plus en plus la voix et, se penchant les uns vers les autres, s’avertissent.
Un homme! un homme! un homme!