On sait avec quelle pudeur intransigeante Gustave Flaubert a tenu à s’exiler lui-même de ses livres. Sa religion de l’art désintéressé, de l’Art pour l’Art, son dogme de l’impersonnalité littéraire lui imposaient le devoir de taire son existence. Se confesser au public lui apparaissait à la fois comme une erreur, une trahison et une lâcheté. Et, sans la Correspondance, nous ne connaîtrions pour ainsi dire rien de lui.
C’est, en effet, dans ses lettres que le véritable Flaubert nous apparaît avec ses enthousiasmes et ses découragements, ses touchantes délicatesses et ses superbes violences, son exquise sensibilité et sa terrible clairvoyance. Par elles nous sont révélées toute l’intime noblesse, toute la naïve bonhomie de ce pur martyr des lettres. Elles nous font assister enfin à la genèse douloureuse de tant de chefs-d’œuvre; elles en sont le commentaire vivant, indispensable. Personne n’a le droit de les ignorer sous peine de moins comprendre, partant de moins admirer Bovary, Salammbô, l’Éducation, la Tentation, Bouvard.
Et leur réunion même est un immortel monument. Écrites hors des habituelles contraintes, avec tout l’abandon du génie qui se donne, leur magnifique spontanéité a fait justement dire à bien des maîtres qu’en elles la prose du XIXe siècle avait trouvé son expression souveraine, sa perfection française.
VOLUMES EN VENTE:
Madame Bovary, 1 vol. — Correspondance, I-II, 2 vol. — Trois Contes, 1 vol. — Par les Champs et par les Grèves, 1 vol. — Œuvres de Jeunesse inédites, I, 1 vol. — L’Éducation Sentimentale, 1 vol.
Au lecteur.
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