LA FEMME.
Chaque jour je me reproche ces pensées comme un crime, j’embrasse mes enfants pour me ramener à quelque chose de plus saint, mais hélas! je vois toujours passer devant moi cette image tendre, confuse, voilée.
YUK.
Et lorsque le soir vient, n’est-ce pas? et que les rayons du soleil meurent sur les dalles, que les fleurs d’oranger laissent passer leurs parfums, que les roses se referment, que tout s’endort, que la lune se lève dans ses nuages blancs, alors cette forme revient, elle entre, et cette bouche dit: «Aime-moi! aime-moi! viens! si tu savais toutes les délices d’une nuit d’amour! si tu savais comme l’âme s’y élargit, comme au grand jour heureux, nos deux corps nus sur un tapis, nous embrassant, si tu savais comme je prendrai tes hanches, comme j’embrasserai tes seins, comme je reposerai ma tête sur ton cœur et comme nous serons heureux, comme nous nous étendrons dans nos voluptés!» N’est-ce pas? c’est à cela qu’on pense, c’est cela qu’on souhaite, c’est pour cela qu’on brûle de désir?
LA FEMME.
Assez! vous me rappelez tout ce que je sens en traits de feu, ces pensées-là me font rougir, j’en ai honte.
YUK.
Pourquoi? Ne sont-elles pas belles et douces et riantes comme les roses? C’est une soif qu’on a, n’est-ce pas? on a quelque chose au fond du cœur de vif et d’impétueux comme une force qui vous pousse?
LA FEMME.
Je ne sais comment résister à cette force.