SATAN.
Il est facile de tout t’apprendre, je vais t’y conduire.
Il appelle: «Yuk! Yuk!» Yuk paraît.
YUK.
Quoi, mon maître?
SATAN.
On te demande ce que c’est que la vie.
YUK.
Qui cela? qui fait une pareille question? (Satan lui désigne Smarh.) Vraiment! (Riant.) La vie? ah! par Dieu ou par le Diable, c’est fort drôle, fort amusant, fort réjouissant, fort vrai; la farce est bonne, mais la comédie est longue. La vie, c’est un linceul taché de vin, c’est une orgie où chacun se soûle, chante et a des nausées; c’est un verre brisé, c’est un tonneau de vin âcre, et celui qui le remue trop avant y trouve souvent bien de la lie et de la boue.
Tu veux connaître cela? pardieu! c’est facile; mais tu auras le mal de mer avant cinq minutes et une envie de dormir, car tout cela te fatiguera vite, car l’existence te paraîtra une mauvaise ratatouille d’auberge, qu’on jette à chacun et que chacun repousse, repu aux premières cuillerées; car les femmes te paraîtront de maigres mauviettes, les hommes de singuliers moineaux, le trône une gelée bien tremblante, le pouvoir une crème peu faite, et les voluptés de tristes entremets.