Et l’Avarice lui disait: «De l’or! de l’or!» et il était pris d’une cupidité insatiable. De l’or! il y avait dans ce mot-là une frénésie satanique, et il amassait, il en amassait jusqu’au ciel, il en tirait de tout, des hommes et des choses; il pressait tout dans ses mains et ses mains suaient l’or, il avait des machines qui lui en faisaient, et il en avait de quoi combler des océans, il s’y roulait dessus et disait qu’il était riche. D’autres fois, il était jaloux, par caprice, d’un haillon et il le volait; s’il voyait une parcelle de quelque chose, il avait une soif de l’avoir, il avait du poison dans les veines.

L’Orgueil lui disait: «Vois donc! regarde tes flottes, tes océans, tes empires, tes peuples esclaves; tout à toi, à toi!» Et il se trouvait grand, fort, beau, il se faisait dresser des autels, il était plein d’orgueil, et son orgueil l’étouffait de plus en plus, comme s’il avait eu une tempête dans l’âme, qui se fût gonflée toujours.

Il courait donc de ses trésors à ses maîtresses, de ses esclaves à ses maîtresses, esclave lui-même, captif de ses vices, esclave et gêné d’un pli de rose sous lui. Mais quelqu’un vint qu’on n’attendait pas, il frappa à la porte à grands coups de pieds et il l’enfonça. Tout tomba, les lumières s’éteignirent, le trône fut emporté par le vent, le palais fut fauché, le roi et ses empires, ses voluptés, ses crimes, tout cela dans son linceul, tout cela poussière et néant.

Oh! Yuk se mit à rire, à rire toujours et longtemps; Satan dit que cela l’ennuyait et qu’il en avait vu assez.

—De l’érotique, du burlesque, du pastoral, du sentimental, de l’élégiaque! Voyons, Yuk, une littérature au lait pour un poitrinaire!

YUK.

Que voulez-vous que nous montrions au novice? des fiancés, des mariés ou des morts? un mensonge ou un serment?

SATAN.

Oui.

YUK.