LE KHÉDIVE


La grandeur de l’œuvre accomplie et le prestige qu’exerce sur les esprits le nom seul de l’Égypte eussent suffi, sans doute, pour attirer aux fêtes du canal un nombre immense de spectateurs. Mais il est permis d’affirmer que le concours de tant d’illustrations dans les sciences, la littérature, les arts, l’industrie et le commerce, est surtout dû à l’influence personnelle du khédive, à la sympathie qu’inspire, en Europe, ce prince éclairé et généreux, qui a assumé et qui poursuit avec une persévérance que rien ne déconcerte la tâche si ardue de régénérer un peuple.

Or, parmi les moyens de régénération, le khédive, qui est un esprit éminemment pratique, met au premier rang les travaux d’utilité publique. Tout ce qui peut rapprocher entre elles les diverses parties de ses États, faciliter à l’Égypte l’accession pacifique des hommes et des choses de l’Europe, contribuer au rapide développement de l’agriculture, de l’industrie et du commerce, est l’objet de ses préoccupations constantes. Aussi voyons-nous chaque année des ports se creuser, s’ouvrir des canaux, s’élever des quais, des digues, des barrages, et s’étendre sur la surface du pays le réseau des voies ferrées. Enfin, sur un signe du khédive, sa capitale, en quelques mois, a été renouvelée, aérée, embellie.

Ismaïl Ier est, lui aussi, un grand constructeur, et l’on conçoit aisément qu’il ait aidé, des efforts et des capitaux de son pays, à ce gigantesque travail d’utilité publique qui s’appelle le percement du canal maritime de Suez.

Donc, à la voix du souverain de l’Égypte, les souverains de l’Europe sont venus, ou ont envoyé leurs ambassadeurs.


LES AMBASSADEURS