—Paul, tu es fou; je ne consentirai jamais à t'abandonner.
—Je préfère ma folie à ta raison. Si tu la voyais, belle, charmante, adorable, tu serais amoureux comme moi, ensorcelé, si tu veux, fou comme moi. L'amour n'est-il pas la plus délicieuse des magies, et les yeux de la femme qu'on aime ne versent-ils pas le plus enivrant des philtres? Oh! je t'en supplie!»
Le jeune poëte serrait les mains de son ami dans les siennes; Julien détournait la tête, refusant de l'écouter. En ce moment un pas précipité se fit entendre, la porte s'ouvrit et le pêcheur Pagano entra, ruisselant de sueur, couvert de poussière.
«Voulez-vous me suivre immédiatement?»
Les deux jeunes gens le regardaient, étonnés de cette brusque apparition.
«Vous n'avez pas peur, n'est-ce pas?
—Explique-toi, Pagano; que veux-tu dire?»
Le pêcheur, se tournant vers la fenêtre, désigna du doigt le ciel.
«Vous voyez ce ciel bleu, ce soleil éblouissant?
—Eh bien?