Le vieux répéta: «Ça, c'est bien, petite, c'est bien». Mais un scrupule lui vint. Les Touchard consentiraient-ils? Rose, la fiancée, surprise, demanda: «Pourquoi qu'ils ne voudraient pas, donc? Laisse faire, je m'en charge, je vais en parler à Philippe, moi».
Elle en parla à son prétendu, en effet, le jour même; et Philippe déclara que ça lui allait parfaitement. Le père et la mère Touchard furent aussi ravis de faire un bon dîner qui ne coûterait rien. Et ils disaient: «Ça sera bien, pour sûr, vu que monsieur Dubois roule sur l'or».
Alors ils demandèrent la permission d'inviter une amie, Mlle Florence, la cuisinière des gens du premier. Anna consentit à tout.
Le mariage était fixé au dernier mardi du mois.
II
Après la formalité de la mairie et la cérémonie religieuse, la noce se dirigea vers la maison d'Anna. Les Taille avaient amené, de leur côté, un cousin d'âge, M. Sauvetanin, homme à réflexions philosophiques, cérémonieux et compassé, dont on attendait l'héritage, et une vieille tante, Mme Lamondois.
M. Sauvetanin avait été désigné pour offrir son bras à Anna. On les avait accouplés, les jugeant les deux personnes les plus importantes et les plus distinguées de la société.
Dès qu'on arriva devant la porte d'Anna, elle quitta immédiatement son cavalier et courut en avant en déclarant: «Je vais vous montrer le chemin.»
Elle monta, en courant, l'escalier, tandis que la procession des invités suivait plus lentement.
Dès que la jeune fille eut ouvert son logis elle se rangea pour laisser passer le monde qui défilait devant elle en roulant de grands yeux et en tournant la tête de tous les côtés pour voir ce luxe mystérieux.