Alors François, le prenant à pleins bras, l'emporta, et le vint jeter aux pieds de l'aîné en répétant d'une voix attendrie: «Tiens, tiens, tiens, mon petit Jean, le voilà!»
Puis il replaça sur sa selle les deux cadavres l'un sur l'autre; et il se remit en route.
Il rentra au château, riant et pleurant, comme Gargantua à la naissance de Pantagruel, poussant des cris de triomphe et trépignant d'allégresse en racontant la mort de l'animal, et gémissant et s'arrachant la barbe en disant celle de son frère.
Et souvent, plus tard, quand il reparlait de ce jour, il prononçait, les larmes aux yeux: «Si seulement ce pauvre Jean avait pu me voir étrangler l'autre, il serait mort content, j'en suis sûr!»
La veuve de mon aïeul inspira à son fils orphelin l'horreur de la chasse, qui s'est transmise de père en fils jusqu'à moi.
Le marquis d'Arville se tut. Quelqu'un demanda:
—Cette histoire est une légende, n'est-ce pas?
Et le conteur répondit:
—Je vous jure qu'elle est vraie d'un bout à l'autre.
Alors une femme déclara d'une petite voix douce: