Et il écrivit sur un petit agenda de commerce tiré de sa poche :
« Après une lutte acharnée, les Prussiens ont dû battre en retraite, emportant leurs morts et leurs blessés, qu'on évalue à cinquante hommes hors de combat. Plusieurs sont restés entre nos mains. »
Le jeune officier reprit :
— Quelles dispositions dois-je prendre, mon colonel ?
Le colonel répondit :
— Nous allons nous replier pour éviter un retour offensif avec de l'artillerie et des forces supérieures.
Et il donna l'ordre de repartir.
La colonne se reforma dans l'ombre, sous les murs du château, et se mit en mouvement, enveloppant de partout Walter Schnaffs garotté, tenu par six guerriers le revolver au poing.
Des reconnaissances furent envoyées pour éclairer la route. On avançait avec prudence, faisant halte de temps en temps.
Au jour levant, on arrivait à la sous-préfecture de La Roche-Oysel, dont la garde nationale avait accompli ce fait d'armes.