—Allouma perdu?

—Mais oui, Allouma perdu.

—Pas possible?

—Cherche, lui dis-je?

Il restait debout, songeant, cherchant, ne comprenant pas. Puis, il entra dans la chambre vide où les vêtements d'Allouma traînaient, dans un désordre oriental. Il regarda tout comme un policier, ou plutôt il flaira comme un chien, puis, incapable d'un long effort, il murmura avec résignation:

—Parti, il est parti!

Moi je craignais un accident, une chute, une entorse au fond d'un ravin, et je fis mettre sur pied tous les hommes du campement avec ordre de la chercher jusqu'à ce qu'on l'eût retrouvée.

On la chercha toute la nuit, on la chercha le lendemain, on la chercha toute la semaine. Aucune trace ne fut découverte pouvant mettre sur la piste. Moi je souffrais; elle me manquait; ma maison me semblait vide et mon existence déserte. Puis des idées inquiétantes me passaient par l'esprit. Je craignais qu'ont l'eût enlevée, ou assassinée peut-être. Mais comme j'essayais toujours d'interroger Mohammed et de lui communiquer mes appréhensions, il répondait sans varier:

—Non, parti.

Puis il ajoutait le mot arabe «r'ézale» qui veut dire «gazelle,» comme pour exprimer qu'elle courait vite et qu'elle était loin.