— C'est vrai ?
— Et puis, il faut qu'il me plaise comme homme.
— Nécessairement.
— Alors je l'amorce.
— Tu l'amorces ?
— Oui, comme on fait pour prendre du poisson. Tu n'as jamais pêché à la ligne ?
— Non, jamais.
— Tu as eu tort. C'est très amusant. Et puis c'est instructif. Donc, je l'amorce...
— Comment fais-tu ?
— Bête, va. Est-ce qu'on ne prend pas les hommes qu'on veut prendre, comme s'ils avaient le choix ! Et ils croient choisir encore... ces imbéciles... mais c'est nous qui choisissons... toujours... Songe donc, quand on n'est pas laide, et pas sotte, comme nous, tous les hommes sont des prétendants, tous, sans exception. Nous, nous les passons en revue du matin au soir, et quand nous en avons visé un nous l'amorçons...