Je fus malade de chagrin.
Or, la semaine dernière, sa cousine, qui est aussi la tienne, Mme d’Arville, me fit prier de la venir trouver.
Voici les conditions de mon pardon. Il faut que j’apporte une relique, une vraie, authentique, certifiée par Notre Saint-Père le Pape, d’une vierge et martyre quelconque. Je deviens fou d’embarras et d’inquiétude.
J’irai à Rome, s’il le faut. Mais je ne puis me présenter au Pape à l’improviste et lui raconter ma sotte aventure. Et puis je doute qu’on confie aux particuliers des reliques véritables.
Ne pourrais-tu me recommander à quelque monsignor, ou seulement à quelque prélat français, propriétaire de fragments d’une sainte? Toi-même, n’aurais-tu pas en tes collections le précieux objet réclamé?
Sauve-moi, mon cher abbé, et je te promets de me convertir dix ans plus tôt!
Mme d’Arville, qui prend la chose au sérieux, m’a dit: «Cette pauvre Gilberte ne se mariera jamais.»
Mon bon camarade, laisseras-tu ta cousine mourir victime d’une stupide fumisterie? Je t’en supplie, fais qu’elle ne soit pas la onze mille et unième.
Pardonne, je suis indigne; mais je t’embrasse et je t’aime de tout coeur.
Ton vieil ami,