Ils eurent deux enfants en quatre ans.
Pendant quatre années encore, ce ménage, harcelé par la misère, ne connut d’autres distractions que la promenade aux Champs-Elysées, le dimanche, et quelques soirées au théâtre, une ou deux par hiver, grâce à des billets de faveur offerts par un collègue.
Mais voilà que, vers le printemps, un travail supplémentaire fut confié à l’employé par son chef, et il reçut une gratification extraordinaire de trois cents francs.
En rapportant cet argent, il dit à sa femme:
«Ma chère Henriette, il faut nous offrir quelque chose, par exemple une partie de plaisir pour les enfants.»
Et après une longue discussion, il fut décidé qu’on irait déjeuner à la campagne.
«Ma foi, s’écria Hector, une fois n’est pas coutume; nous louerons un break pour toi, les petits et la bonne, et moi je prendrai un cheval au manège. Cela me fera du bien.»
Et pendant toute la semaine on ne parla que de l’excursion projetée.
Chaque soir, en rentrant du bureau, Hector saisissait son fils aîné, le plaçait à califourchon sur sa jambe, et, en le faisant sauter de toute sa force, il lui disait:
«Voilà comment il galopera, papa, dimanche prochain, à la promenade.»