—Pas du tout. Vous avez avoué, vous m'avez avoué votre liaison, ce qui équivalait à me donner l'autorisation de vous imiter. Je ne l'ai pas fait....

—Permettez....

—Laissez-moi donc parler. Je ne l'ai pas fait. Je n'ai point d'amant, et je n'en ai pas eu... jusqu'ici. J'attends... je cherche... je ne trouve pas. Il me faut quelqu'un de bien... de mieux que vous.... C'est un compliment que je vous fais et vous n'avez pas l'air de le remarquer.

—Ma chère, toutes ces plaisanteries sont absolument déplacées.

—Mais je ne plaisante pas le moins du monde. Vous m'avez parlé du dix-huitième siècle, vous m'avez laissé entendre que vous étiez régence. Je n'ai rien oublié. Le jour où il me conviendra de cesser d'être ce que je sais, vous aurez beau faire, entendez-vous, vous serez, sans même vous en douter... cocu comme d'autres.

—Oh!... pouvez-vous prononcer de pareils mots?

—De pareils mots!... Mais vous avez ri comme un fou quand madame de Gers a déclaré que M. de Servy avait l'air d'un cocu à la recherche de ses cornes.

—Ce qui peut paraître drôle dans la bouche de madame de Gers devient inconvenant dans la vôtre.

—Pas du tout. Mais vous trouvez très plaisant le mot cocu quand il s'agit de M. de Servy, et vous le jugez fort malsonnant quand il s'agit de vous. Tout dépend du point de vue. D'ailleurs je ne tiens pas à ce mot, je ne l'ai prononcé que pour voir si vous êtes mûr.

—Mûr... Pour quoi?