—Mais oui, ma bonne Julie.

—Eh bien, Monsieur, ça ne peut pas durer plus longtemps. C'est par amitié pour vous que je ne disais rien, que je vous laissais dans votre ignorance; mais c'est trop fort, et on rit trop de vous dans le quartier. Vous ferez ce que vous voudrez, mais tout le monde le sait; il faut que je vous le dise aussi, à la fin, bien que ça ne m'aille guère de rapporter. Si Madame rentre comme ça à des heures de fantaisie, c'est qu'elle fait des choses abominables.

Il demeurait effaré, ne comprenant pas. Il ne put que balbutier: «Tais-toi... Tu sais que je t'ai défendu...»

Elle lui coupa la parole avec une résolution irrésistible.

—Non, Monsieur, il faut que je vous dise tout, maintenant. Il y a longtemps que Madame a fauté avec M. Limousin. Moi, je les ai vus plus de vingt fois s'embrasser derrière les portes. Oh, allez! si M. Limousin avait été riche, ça n'est pas M. Parent que Madame aurait épousé. Si Monsieur se rappelait seulement comment le mariage s'est fait, il comprendrait la chose d'un bout à l'autre...

Parent s'était levé, livide, balbutiant: «Tais-toi... tais-toi... ou...»

Elle continua:

—Non, je vous dirai tout. Madame a épousé Monsieur par intérêt; et elle l'a trompé du premier jour. C'était entendu entre eux, pardi! Il suffit de réfléchir pour comprendre ça. Alors comme Madame n'était pas contente d'avoir épousé Monsieur qu'elle n'aimait pas, elle lui a fait la vie dure, si dure que j'en avais le coeur cassé, moi qui voyais ça...

Il fit deux pas, les poings fermés, répétant: «Tais-toi... tais-toi...» car il ne trouvait rien à répondre.

La vieille bonne ne recula point; elle semblait résolue à tout.