Vous n'avez pas reçu le nouveau livre d'Hennique, parce qu'il ne l'a envoyé à personne. C'est un roman qu'il a écrit à 18 ans pour le journal l'Ordre et que Dentu lui avait acheté, il ne le montre pas.—Mme Pasca (ceci entre nous) a failli mourir de chagrin de sa rupture avec Ricard et vous pouvez être assuré qu'elle ne jouera pas ma pièce chez la princesse Mathilde: elle n'a pas autre chose en la tête que son désespoir d'amour. Nom de Dieu, que les femmes sont bêtes!—Zola m'a chargé de vous dire qu'il vous attendait avec impatience pour donner le dîner qu'il a promis pour la 50e édition de l'Assommoir; il espère que vous serez ici dans les tout premiers jours de mai, parce qu'il compte partir immédiatement après; il a retardé son départ pour cela.—Les Charpentier descendent dans des profondeurs de stupidité prodigieuses, la femme est encore plus étonnante que l'homme.
Je vous attends avec impatience, je m'embête, je suis un peu souffrant, le sang circule mal, et les MÉDECINS ne peuvent que répéter leur éternelle phrase: «de l'exercice, faites de l'exercice». Je [CXXII] n'ai pas le temps de travailler, ce qui me rend fort grincheux. Adieu, mon cher maître, je vous embrasse filialement.
A vous,
G. de M.
CABINET DU MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DES CULTES ET DES BEAUX-ARTS.
Ce 26 décembre.
J'ai été fort bousculé ces jours-ci, mon bien cher maître, et je n'ai pu encore vous écrire. Enfin je suis installé dans un beau bureau sur des jardins, mais je trouve que ça sent le provisoire.....
Par exemple, pour du temps je n'en ai pas. J'arrive à 9 heures du matin et je pars à 6 h. 1/2 du soir. Je sors deux heures dans le jour pour déjeuner. Mais cela n'est qu'un moment à passer et je serai fort libre quand je rentrerai dans l'administration.
Je jouis d'une haute considération. Les directeurs me traitent avec déférence et les chefs de bureau m'adorent. Le reste me regarde de loin. Mes collègues posent. Ils me croient, je crois, trop simple.