Guy.
Le pays décrit au début de cette lettre est Gérardmer.
Paris, juillet 1890.
Ma bien chère Mère,
Je t'enverrai un tas d'articles sur Notre Cœur, dès que j'aurai pu remercier les journalistes. Tu me les renverras. La publication dans la Revue fait tout de même du tort à la vente. Les gros libraires de Paris me disent que parmi mes acheteurs fidèles 6 sur 10 l'ont lu dans la Revue et ne prennent pas le volume. Un autre inconvénient est celui-ci. Tout le bruit—et il a été énorme—se fait au moment de l'apparition dans la Revue des Deux-Mondes; et on a fini d'en parler quand le volume arrive. Malgré tout cela la vente marche, quoique ralentie, et elle passera, je crois, celle de Fort comme la Mort, qui est à trente-deux mille. Ça a été cependant une excellente chose, en principe, pour moi que Notre Cœur dans la Revue.
Le public spécial de ce périodique me connaît, et m'achètera plus tard. J'y ai gagné des lecteurs.
Je t'embrasse bien tendrement, ma très chère mère. J'embrasse Simone. Mille choses à Marie-Thérèse.
Ton fils,