Comme un rayon joyeux ton rire doit éclore,
Et l'oiseau doit chanter sous l'ombre des berceaux,
Car le bon Dieu là-haut écoute dès l'aurore
Le rire des enfants et le chant des oiseaux.
Ajaccio, 1880.
LE MOULIN.
(FRAGMENT.)
..... Tandis que devant moi,
Dans la clarté douteuse où s'ébauchait sa forme,
Debout sur le coteau comme un monstre vivant
Dont la lune sur l'herbe étalait l'ombre énorme,
Un immense moulin tournait ses bras au vent.
D'où vient qu'alors je vis, comme on voit dans un songe
Quelque corps effrayant qui se dresse et s'allonge
Jusqu'à toucher du front le lointain firmament,
Le vieux moulin grandir si démesurément
Que ses bras, tournoyant avec un bruit de voiles,
Tout à coup se perdaient au milieu des étoiles,
Pour retomber, brillant d'une poussière d'or
Qu'ils avaient dérobée aux robes des comètes?
Puis, comme pour revoir leurs sublimes conquêtes,
A peine descendus, ils remontaient encor.
SABBAT.
(IMITÉ DE L'ALLEMAND.)
La lune traîne
Ses longs rayons,
Et sur les monts
Et dans la plaine,
Entendez-vous
Ce bruit étrange?
C'est la phalange
Des loups-garous.
La ronde des sorcières
Tourne,
Tourne,
Tourne,
Tourne,
La ronde des sorcières
Tourne sur les bruyères.
Par sauts, par bonds,
Viennent les gnomes;
Puis les fantômes,
Puis les démons;
Et pour la danse
Plus d'un pendu
Est descendu
De la potence.
Tous ces êtres hideux
Tournent,
Tournent,
Tournent,
Tournent,
Tous ces êtres hideux
Tournent autour des feux.