Puis, riant toujours, il embrassa sur les deux joues sa femme éplorée et stupide, et il cria, comme si elle ne l'entendait pas:
—Allons, la mère, allons voir s'il y a encore de la soupe; moi j'en mangerai bien une potée.
Elle passa sa jupe; ils descendirent; et pendant qu'à genoux elle rallumait le feu sous la marmite, lui, radieux, continuait à marcher à grands pas dans la cuisine en répétant:
—Eh bien, vrai, ça me fait plaisir; c'est pas pour dire, mais je suis content, je suis bien content.
NOTE.
L'Histoire d'une fille de ferme a paru dans la Revue politique et littéraire du 26 mars 1881.
Cette première version diffère essentiellement en plusieurs passages du texte définitif. Certains paragraphes ont été supprimés. A la fin du chapitre III, Rose cède d'elle-même au désir de son maître.
Toute la fin de l'histoire est changée: elle voit son mari parler au curé, elle a peur; elle fait visite au curé qui lui laisse entendre... Alors elle avoue tout, en rentrant, à son mari; et l'histoire se termine comme celle du volume.