A quoi bon se donner tant de mal pour étudier des êtres aussi peu dignes d'intérêt? Ces âmes dépravées ne sont plus capables que d'un petit nombre de sentiments, qui tiennent tous de l'animalité. Le tour en est bientôt fait, et l'auteur a beau s'être armé d'une analyse très pénétrante: où il n'y a rien le roi perd ses droits...
Je n'ai pu m'empêcher de me dire, en lisant La Maison Tellier: «Voilà de l'excellent style dépensé bien mal à propos!» Or, cette fois, c'est le tour de Mademoiselle Fifi.
Encore une histoire du même genre!... Est-ce qu'il ne serait pas temps pour M. Guy de Maupassant de porter sur d'autres objets son goût d'observation et son talent de style?
Qu'il y prenne garde! Le public commence à être bien las de ces vilaines peintures. Ce ne sont pas les magistrats qui en condamneront l'auteur à la prison ou à l'amende... M. Guy de Maupassant doit craindre l'arrêt d'un juge infiniment plus redoutable...
Albert Wolff, de son côté, écrivait dans son Courrier de Paris (Figaro, vendredi 21 juillet 1882):
Il n'est pas, parmi les romanciers nouveaux, un seul qui me plaise autant que M. Guy de Maupassant; aucun d'eux ne m'irrite au même degré que lui... Il y a un parti pris, commun à toute la jeune littérature; on appelle cela étudier les bas-fonds de la société... Pour un homme de talent comme M. de Maupassant, il ne peut y avoir ni honneur, ni profit à renforcer ce bataillon déjà considérable d'égoutiers de lettres... Croyez bien ceci, M. de Maupassant, il n'est pas nécessaire de toujours traîner sa plume dans les mauvais lieux pour être un homme de talent.
Maupassant répondit dans les deux articles que nous reproduisons ici.
RÉPONSE
À M. FRANCISQUE SARCEY.
Le Gaulois, 28 juillet 1882.
Dans un article, dont je lui suis infiniment reconnaissant, malgré ses réserves, M. Francisque Sarcey soulève à mon sujet plusieurs questions littéraires. J'aurais préféré répondre aux théories de l'éminent critique sans avoir été nommé, pour n'avoir point l'air de plaider ma propre cause; car j'estime qu'un écrivain n'a jamais le droit de prendre la parole pour un fait personnel: mais, dans le cas présent, la discussion passe bien au-dessus de ma tête.