Il se mit sur son séant: «Voyons, dit-il, à mon tour, j'ai quelque chose à vous demander.»
Elle ne répondait pas, il reprit: «Vous m'avez bigrement étonné depuis hier. Soyez franche, avouez-moi pourquoi vous avez fait tout ça; car je n'y comprends rien.»
Elle se rapprocha doucement, rougissante comme une vierge. «J'ai voulu connaître... le... le vice... eh bien... eh bien, ce n'est pas drôle.»
Elle se sauva, descendit l'escalier, se jeta dans la rue.
L'armée des balayeurs balayait. Ils balayaient les trottoirs, les pavés, poussant toutes les ordures au ruisseau. Du même mouvement régulier, d'un mouvement de faucheurs dans les prairies, ils repoussaient les boues en demi-cercle devant eux; et, de rue en rue, elle les retrouvait comme des pantins montés, marchant automatiquement avec un ressort pareil.
Et il lui semblait qu'en elle aussi on venait de balayer quelque chose, de pousser au ruisseau, à l'égout, ses rêves surexcités.
Elle rentra, essoufflée, glacée, gardant seulement dans sa tête la sensation de ce mouvement des balais nettoyant Paris au matin.
Et, dès qu'elle fut dans sa chambre, elle sanglota.
Une aventure parisienne a paru dans le Gil-Blas du jeudi 22 décembre 1881, sous le titre: Une Épreuve.