Les trois solitaires discutaient sur ce qu'on pouvait faire pour sauver Paul; et ils ne trouvaient rien. Un voyage à Paris? A quoi bon?

Le baron disait: «Il faut laisser s'user sa passion. Il nous reviendra tout seul.»

Et leur vie était lamentable.

Jeanne et Lison allaient ensemble à l'église en se cachant du baron.

Un temps assez long s'écoula sans nouvelles, puis, un matin, une lettre désespérée les terrifia.

«Ma pauvre maman, je suis perdu, je n'ai plus qu'à me brûler la cervelle si tu ne viens pas à mon secours. Une spéculation qui présentait pour moi toutes les chances de succès vient d'échouer; et je dois quatre-vingt-cinq mille francs. C'est le déshonneur si je ne paye pas, la ruine, l'impossibilité de rien faire désormais. Je suis perdu. Je te le répète, je me brûlerai la cervelle plutôt que de survivre à cette honte. Je l'aurais peut-être fait déjà sans les encouragements d'une femme dont je ne te parle jamais et qui est ma Providence.

«Je t'embrasse du fond du cœur, ma chère maman; c'est peut-être pour toujours. Adieu.

«Paul.»

Des liasses de papiers d'affaires joints à cette lettre donnaient des explications détaillées sur le désastre.