Et il entra comme chez lui dans la masure des Vallin.
La vieille mère lavait ses tabliers; le père infirme sommeillait près de l’âtre. Tous deux levèrent la tête, et le jeune homme dit:
—Bonjour, papa; bonjour, maman.
Ils se dressèrent, effarés. La paysanne laissa tomber d’émoi son savon dans son eau et balbutia:
—C’est-i té, m’n éfant? C’est-i té, m’n éfant?
Il la prit dans ses bras et l’embrassa, en répétant:—«Bonjour, maman.» Tandis que le vieux, tout tremblant, disait, de son ton calme qu’il ne perdait jamais:—«Te v’là-t-il revenu, Jean?» Comme s’il l’avait vu un mois auparavant.
Et, quand ils se furent reconnus, les parents voulurent tout de suite sortir le fieu dans le pays pour le montrer. On le conduisit chez le maire, chez l’adjoint, chez le curé, chez l’instituteur.
Charlot, debout sur le seuil de sa chaumière, le regardait passer.
Le soir, au souper, il dit au vieux:
—Faut-il qu’vous ayez été sots pour laisser prendre le p’tit aux Vallin.