A M. le nouveau sous-préfet républicain de Dieppe.
Il exposait la situation, disait le danger couru par la commune demeurée aux mains de l’ancien maire monarchiste, offrait ses services dévoués, demandait des ordres et signait en faisant suivre son nom de tous ses titres.
Puis il revint vers son corps d’armée et, tirant dix francs de sa poche: «Tenez, mes amis, allez manger et boire un coup; laissez seulement ici un détachement de dix hommes pour que personne ne sorte de la mairie.»
Mais l’ex-lieutenant Picart, qui causait avec l’horloger, entendit; il se mit à ricaner et prononça: «Pardi, s’ils sortent, ce sera une occasion d’entrer. Sans ça, je ne vous vois pas encore là dedans, moi!»
Le docteur ne répondit pas, et il alla déjeuner.
Dans l’après-midi, il disposa des postes tout autour de la commune, comme si elle était menacée d’une surprise.
Il passa plusieurs fois devant les portes de la maison de ville et de l’église sans rien remarquer de suspect; on aurait cru vides ces deux bâtiments.
Le boucher, le boulanger et le pharmacien rouvrirent leurs boutiques.
On jasait beaucoup dans les logis. Si l’empereur était prisonnier, il y avait quelque traîtrise là-dessous. On ne savait pas au juste laquelle des républiques était revenue.
La nuit tomba.