—Voilà, monsieur: j’ai dans mon vestibule une espèce de chose en bronze où l’on pose les parapluies et les cannes. L’autre jour donc, en rentrant, je plaçai dedans celui-là. Il faut vous dire qu’il y a juste au-dessus une planchette pour mettre les bougies et les allumettes. J’allonge le bras et je prends quatre allumettes. J’en frotte une; elle rate. J’en frotte une autre; elle s’allume et s’éteint aussitôt. J’en frotte une troisième; elle en fait autant.

Le directeur l’interrompit pour placer un mot d’esprit:

—C’étaient donc des allumettes du gouvernement?

Elle ne comprit pas et continua:

—Ça se peut bien. Toujours est-il que la quatrième prit feu et j’allumai ma bougie; puis je rentrai dans ma chambre pour me coucher. Mais au bout d’un quart d’heure, il me sembla qu’on sentait le brûlé. Moi j’ai toujours peur du feu. Oh! si nous avons jamais un sinistre, ce ne sera pas ma faute! Surtout depuis le feu de cheminée dont je vous ai parlé, je ne vis pas. Je me relève donc, je sors, je cherche, je sens partout comme un chien de chasse, et je m’aperçois enfin que mon parapluie brûle. C’est probablement une allumette qui était tombée dedans. Vous voyez dans quel état ça l’a mis...

Le directeur en avait pris son parti; il demanda:

—A combien estimez-vous le dégât?

Elle demeura sans parole, n’osant pas fixer un chiffre. Puis elle dit, voulant être large:

—Faites-le réparer vous-même. Je m’en rapporte à vous.

Il refusa: