Il appelle l’affaire d’Hippolyte Lacour, sacristain et quincaillier, contre Mme Céleste-Césarine Luneau, veuve d’Anthime Isidore.
Hippolyte Lacour a quarante-cinq ans; grand, maigre, portant des cheveux longs, et rasé comme un homme d’église, il parle d’une voix lente, traînante et chantante.
Mme Luneau semble avoir quarante ans. Charpentée en lutteur, elle gonfle de partout sa robe étroite et collante. Ses hanches énormes supportent une poitrine débordante par devant, et, par derrière, des omoplates grasses comme des seins. Son cou large soutient une tête aux traits saillants, et sa voix pleine, sans être grave, pousse des notes qui font vibrer les vitres et les tympans. Enceinte, elle présente en avant un ventre énorme comme une montagne.
Les témoins à décharge attendent leur tour.
M. le juge de paix attaque la question.
—Hippolyte Lacour, exposez votre réclamation.
Le plaignant prend la parole.
—Voilà, monsieur le juge de paix. Il y aura neuf mois à la Saint-Michel que Mme Luneau est venue me trouver, un soir, comme j’avais sonné l’Angelus, et elle m’exposa sa situation par rapport à sa stérilité...
Le Juge de paix.—Soyez plus explicite, je vous prie.
Hippolyte.—Je m’éclaircis, monsieur le juge. Or, qu’elle voulait un enfant et qu’elle me demandait ma participation. Je ne fis pas de difficultés, et elle me promit cent francs. La chose accordée et réglée, elle refuse aujourd’hui sa promesse. Je la réclame devant vous, monsieur le juge de paix.