Les plaisants maintenant lui faisaient conter «la Ficelle» pour s’amuser, comme on fait conter sa bataille au soldat qui a fait campagne. Son esprit, atteint à fond, s’affaiblissait.

Vers la fin de décembre, il s’alita.

Il mourut dans les premiers jours de janvier, et, dans le délire de l’agonie, il attestait son innocence, répétant:

—Une ’tite ficelle... une ’tite ficelle... t’nez, là voilà, m’sieu le maire.

La Ficelle a paru dans le Gaulois du 25 novembre 1883.


GARÇON, UN BOCK!...

A José Maria de Hérédia.

POURQUOI suis-je entré, ce soir-là, dans cette brasserie? Je n’en sais rien. Il faisait froid. Une fine pluie, une poussière d’eau voltigeait, voilait les becs de gaz d’une brume transparente, faisait luire les trottoirs que traversaient les lueurs des devantures, éclairant la boue humide et les pieds sales des passants.

Je n’allais nulle part. Je marchais un peu après dîner. Je passai le Crédit Lyonnais, la rue Vivienne, d’autres rues encore. J’aperçus soudain une grande brasserie à moitié pleine. J’entrai, sans aucune raison. Je n’avais pas soif.