Mon père reprit:
—Mais... mon frère... Si je ne le savais pas en bonne position en Amérique, je croirais que c’est lui.
Ma mère effarée balbutia:
—Tu es fou! Du moment que tu sais bien que ce n’est pas lui, pourquoi dire ces bêtises-là?
Mais mon père insistait:
—Va donc le voir, Clarisse; j’aime mieux que tu t’en assures toi-même, de tes propres yeux.
Elle se leva et alla rejoindre ses filles. Moi aussi, je regardais l’homme. Il était vieux, sale, tout ridé, et ne détournait pas le regard de sa besogne.
Ma mère revint. Je m’aperçus qu’elle tremblait. Elle prononça très vite:
—Je crois que c’est lui. Va donc demander des renseignements au capitaine. Surtout sois prudent, pour que ce garnement ne nous retombe pas sur les bras maintenant!
Mon père s’éloigna, mais je le suivis. Je me sentais étrangement ému.