Ils rentrèrent dans la chambre de la morte. Cora pleurait toujours, assise dans un fauteuil. Elle pleurait très doucement, sans peine, presque sans chagrin maintenant, avec cette facilité de larmes qu’ont les femmes.

Dès qu’ils se trouvèrent tous trois dans l’appartement, Cachelin prononça à voix basse: «A présent que la bonne est partie se coucher, nous pouvons regarder s’il n’y a rien de caché dans les meubles.»

Et les deux hommes se mirent à l’œuvre. Ils vidaient les tiroirs, fouillaient dans les poches, dépliaient les moindres papiers. A minuit ils n’avaient rien trouvé d’intéressant. Cora s’était assoupie, et elle ronflait un peu, d’une façon régulière. César demanda: «Est-ce que nous allons rester ici jusqu’au jour?» Lesable, perplexe, jugeait cela plus convenable. Alors le beau-père en prit son parti: «En ce cas, dit-il, apportons des fauteuils»; et ils allèrent chercher les deux autres sièges capitonnés qui meublaient la chambre des jeunes époux.

Une heure plus tard, les trois parents dormaient avec des ronflements inégaux, devant le cadavre glacé dans son éternelle immobilité.

Ils se réveillèrent au jour, comme la petite bonne entrait dans la chambre. Cachelin aussitôt avoua, en se frottant les paupières: «Je me suis un peu assoupi depuis une demi-heure à peu près.»

Mais Lesable, qui avait aussitôt repris possession de lui, déclara: «Je m’en suis bien aperçu. Moi, je n’ai pas perdu connaissance une seconde; j’avais seulement fermé les yeux pour les reposer».

Cora regagna son appartement.

Alors Lesable demanda avec une apparente indifférence: «Quand voulez-vous que nous allions chez le notaire prendre connaissance du testament?»

—«Mais... ce matin, si vous voulez.

—«Est-il nécessaire que Cora nous accompagne?