Là-bas, de l’autre côté de la rivière, le coteau planté de vignes s’arrondissait en demi-cercle. Une seule maison se dressait au faîte, dans un bouquet d’arbres. Tout était silencieux.
Mais sur le chemin de halage quelque chose remuait doucement, avançant à peine. C’était une femme traînant un âne. La bête, ankylosée, raide et rétive, allongeait une jambe de temps en temps, cédant aux efforts de sa compagne quand elle ne pouvait plus s’y refuser; et elle allait ainsi le cou tendu, les oreilles couchées, si lentement qu’on ne pouvait prévoir quand elle serait hors de vue.
La femme tirait, courbée en deux, et se retournait parfois pour frapper l’âne avec une branche.
Labouise, l’ayant aperçue, prononça:
—Ohé! Mailloche?
Mailloche répondit:
—Qué qu’y a?
—Veux-tu rigoler?
—Tout de même.
—Allons, secoue-toi, ma sœur, j’allons rire.