Elle semblait confuse et désolée. Elle articula, d’une voix entrecoupée:
—Qu’est-ce que tu veux? Je ne gagne pas assez pour le mettre en pension, moi! Il faut bien que je le garde, et je n’ai pas de quoi me payer une chambre de plus, pardi. Il couche avec moi quand j’ai personne. Quand on vient pour une heure ou deux, il peut bien rester dans l’armoire, il se tient tranquille; il connaît ça. Mais quand on reste toute la nuit, comme toi, ça lui fatigue les reins de dormir sur une chaise, à cet enfant... Ça n’est pas sa faute non plus... Je voudrais bien t’y voir, toi... dormir toute la nuit sur une chaise... Tu m’en dirais des nouvelles...
Elle se fâchait, s’animait, criait.
L’enfant pleurait toujours. Un pauvre enfant chétif et timide, oui, c’était bien l’enfant de l’armoire, de l’armoire froide et sombre, l’enfant qui revenait de temps en temps reprendre un peu de chaleur dans la couche un instant vide.
Moi aussi, j’avais envie de pleurer.
Et je rentrai coucher chez moi.
L’Armoire a paru dans le Gil-Blas du mardi 16 décembre 1884, sous la signature: Maufrigneuse.
LA CHAMBRE 11.
COMMENT! vous ne savez pas pourquoi on a déplacé M. le Premier Président Amandon?