—Que celui qui a faim demande à manger.

—L’air appartient aux oiseaux comme la mer appartient aux poissons.

—Le figuier produit des figues et le palmier des dattes.

—L’homme qui n’écoute pas ne retiendra pas la science.

Combien plus vaste et plus profond, notre grand Henry Monnier, qui a fait sortir de la bouche d’un seul homme, de l’immortel Prud’homme, plus de vérités éclatantes que n’en ont répandu tous les prophètes réunis.

Il s’écrie en face de la mer: «C’est beau, l’Océan, mais que de terrain perdu!»

Il formule l’éternelle politique du monde: «Ce sabre est le plus beau jour de ma vie. Je saurai m’en servir pour défendre le Pouvoir qui me l’offre, et, au besoin, pour l’attaquer.»

Si j’avais eu l’honneur d’être présenté à la société anglaise qui m’entourait, je l’aurais assurément édifiée avec des citations choisies de notre prophète français.

Une fois le dîner fini, on passa au salon.

J’étais assis, seul, dans un coin. La tribu britannique semblait conspirer à l’autre bout de la vaste pièce.