—A quoi qu’ ça vous servirait?
Et elle avait relevé la tête, nous dévisageant par coups d’œil brusques avec du feu dans le regard.
Mon compagnon reprit:
—Pourquoi ne voulez-vous pas nous le faire voir? Il y a bien des gens à qui vous le montrez. Vous savez de qui je parle!
Elle eut un sursaut, et lâchant sa voix, lâchant sa colère, elle cria:
—C’est pour ça qu’vous êtes venus, dites? Pour m’insulter, quoi? Parce que mes enfants sont comme des bêtes, dites? Vous ne le verrez pas, non, non, vous ne le verrez pas; allez-vous-en, allez-vous-en. J’ sais t’i c’ que vous avez tous à m’agoniser comme ça?
Elle marchait vers nous, les mains sur les hanches. Au son brutal de sa voix, une sorte de gémissement ou plutôt un miaulement, un cri lamentable d’idiot partit de la pièce voisine. J’en frissonnai jusqu’aux moelles. Nous reculions devant elle.
Mon ami prononça d’un ton sévère:
—Prenez garde, la Diable (on l’appelait la Diable dans le peuple), prenez garde, un jour ou l’autre ça vous portera malheur.
Elle se mit à trembler de fureur, agitant ses poings, bouleversée, hurlant: