—Eh bien! vous viendrez chez moi, dans ma salle. Nous ferons ça tous les deux, en tête-à-tête. Ça vous va-t-il?

—Oui, pour ça, ça me va, mais votre boîte, non.

—Eh bien à demain, après la journée faite, à six heures.

—C’est entendu, c’est tout vu, c’est convenu; à demain, monsieur le curé. Couillon qui s’en dédit!

Et il tendit sa grande main rude où le prêtre laissa tomber bruyamment la sienne.

Le bruit de la claque courut sous les voûtes, alla mourir là-bas, derrière les tuyaux de l’orgue.

Théodule Sabot ne fut pas tranquille pendant toute la journée du lendemain. Il éprouvait quelque chose d’analogue à l’appréhension qu’on a quand on doit se faire arracher une dent. A tout moment cette pensée lui revenait: «Il faudra me confesser ce soir.» Et son âme troublée, une âme d’athée mal convaincu, s’affolait devant la peur confuse et puissante du mystère divin.

Il se dirigea vers le presbytère dès qu’il eut fini son travail. Le curé l’attendait dans le jardin en lisant son bréviaire le long d’une petite allée. Il semblait radieux et l’aborda avec un gros rire:

—Eh bien! nous y voilà. Entrez, entrez, monsieur Sabot, on ne vous mangera pas.

Et Sabot passa le premier. Il balbutia: