Comme Yvette ne répondait pas, la domestique s’en alla et dit à la marquise:
—Mademoiselle est endormie sans doute; son verrou est poussé et je ne peux pas la réveiller.
Mme Obardi murmura:
—Elle ne va pourtant pas rester comme ça?
Tous alors, sur le conseil de Servigny, se réunirent sous la fenêtre de la jeune fille, et hurlèrent en chœur:—Hip—hip—hurra—mam’zelle Yvette!
Leur clameur s’éleva dans la nuit calme, s’envola sous la lune dans l’air transparent, s’en alla sur le pays dormant; et ils l’entendirent s’éloigner ainsi que fait le bruit d’un train qui fuit.
Comme Yvette ne répondit pas, la marquise prononça:
—Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé; je commence à avoir peur.
Alors, Servigny, cueillant les roses rouges du gros rosier poussé le long du mur et les boutons pas encore éclos, se mit à les lancer dans la chambre par la fenêtre.
Au premier qu’elle reçut, Yvette tressauta, faillit crier. D’autres tombaient sur sa robe, d’autres dans ses cheveux, d’autres, passant par-dessus sa tête, allaient jusqu’au lit, le couvraient d’une pluie de fleurs.