Il était tellement terrible que les femmes, épouvantées, s’enfuirent aussi vite qu’elles étaient arrivées, laissant sur la place une douzaine de mortes et de blessées dont le sang rouge tachait les vêtements pâles.
Et Mohammed, le visage bouleversé, revint vers nous, répétant:
—Filons, filons, mes fils; elles vont revenir.
Et nous battîmes en retraite, conduisant d’un pas lent nos prisonniers paralysés par la peur de la strangulation.
Le lendemain, midi sonnait comme nous arrivions à Boghar avec notre chaîne de pendus. Il n’en était mort que six en route. Mais il avait fallu bien souvent desserrer les nœuds d’un bout à l’autre du convoi, car toute secousse étranglait d’un seul coup une dizaine de captifs.
Le capitaine se tut. Je ne répondis rien. Je songeais à l’étrange pays où l’on pouvait voir de pareilles choses; et je regardais dans le ciel noir le troupeau innombrable et luisant des étoiles.
Mohammed-Fripouille a paru dans le Gaulois du samedi 20 septembre 1884.
LE GARDE.
ON racontait des aventures et des accidents de chasse, après dîner.