Elle se résolut même à prendre pour devise ces deux mots: «Moi seule», et elle chercha pendant plus d’une heure de quelle manière il les fallait disposer pour qu’ils fissent bon effet, gravés autour de son chiffre, sur son papier à lettres.

Saval et Servigny arrivèrent à dix heures.

La jeune fille tendit sa main avec réserve, sans embarras, et, d’un ton familier, bien que grave:

—Bonjour, Muscade, ça va bien?

—Bonjour, mam’zelle, pas mal, et vous?

Il la guettait.

—Quelle comédie va-t-elle me jouer?—se disait-il.

La marquise ayant pris le bras de Saval, il prit celui d’Yvette et ils se mirent à tourner autour du gazon, paraissant et disparaissant à tout moment derrière les massifs et les bouquets d’arbres.

Yvette allait d’un air sage et réfléchi, regardant le sable de l’allée, paraissant à peine écouter ce que disait son compagnon et n’y répondant guère.

Tout à coup, elle demanda: