Rival disait à Duroy:

—J’ai pris les pistolets chez Gastine Renette. Il les a chargés lui-même. La boîte est cachetée. On les tirera au sort, d’ailleurs, avec ceux de notre adversaire.

Duroy répondit machinalement:

—Je vous remercie.

Alors Rival lui fit des recommandations minutieuses, car il tenait à ce que son client ne commît aucune erreur. Il insistait sur chaque point plusieurs fois:

—Quand on demandera: «Êtes-vous prêts, messieurs?» vous répondrez d’une voix forte: «Oui!»

Quand on commandera «Feu!» vous élèverez vivement le bras, et vous tirerez avant qu’on ait prononcé trois.

Et Duroy se répétait mentalement: «Quand on commandera feu, j’élèverai le bras,—quand on commandera feu, j’élèverai le bras,—quand on commandera feu, j’élèverai le bras.»

Il apprenait cela comme les enfants apprennent leurs leçons en le murmurant à satiété pour se le bien graver dans la tête: «Quand on commandera feu, j’élèverai le bras.»

Le landau entra sous un bois, tourna à droite dans une avenue, puis encore à droite. Rival, brusquement, ouvrit la portière pour crier au cocher: