—Qui dois-je annoncer?
Et il jeta le nom derrière une portière soulevée, dans un salon où il fallait entrer.
Mais Duroy, tout à coup, perdant son aplomb, se sentit perclus de crainte, haletant. Il allait faire son premier pas dans l’existence attendue, rêvée. Il s’avança, pourtant. Une jeune femme, blonde, était debout qui l’attendait, toute seule, dans une grande pièce bien éclairée et pleine d’arbustes, comme une serre.
Il s’arrêta net, tout à fait déconcerté. Quelle était cette dame qui souriait? Puis il se souvint que Forestier était marié; et la pensée que cette jolie blonde élégante devait être la femme de son ami acheva de l’effarer.
Il balbutia:
—Madame, je suis...
Elle lui tendit la main:
—Je le sais, monsieur. Charles m’a raconté votre rencontre d’hier soir, et je suis très heureuse qu’il ait eu la bonne inspiration de vous prier de dîner avec nous aujourd’hui.
Il rougit jusqu’aux oreilles, ne sachant plus que dire, et il se sentait examiné, inspecté des pieds à la tête, pesé, jugé.
Il avait envie de s’excuser, d’inventer une raison pour expliquer les négligences de sa toilette; mais il ne trouva rien, et n’osa pas toucher à ce sujet difficile.