Duroy but un verre de bière avec ses nouveaux confrères, puis il demanda à son ami:

—Que faut-il que je fasse?

L’autre répondit:

—Je n’ai rien pour toi aujourd’hui. Tu peux t’en aller si tu veux.

—Et... notre... notre... article... est-ce ce soir qu’il passera?

—Oui, mais ne t’en occupe pas: je corrigerai les épreuves. Fais la suite pour demain, et viens ici à trois heures, comme aujourd’hui.

Et Duroy, ayant serré toutes les mains sans savoir même le nom de leurs possesseurs, redescendit le bel escalier, le cœur joyeux et l’esprit allègre.

IV

Georges Duroy dormit mal, tant l’excitait le désir de voir imprimé son article. Dès que le jour parut, il fut debout, et il rôdait dans la rue bien avant l’heure où les porteurs de journaux vont, en courant, de kiosque en kiosque.

Alors il gagna la gare Saint-Lazare, sachant bien que la Vie Française y arriverait avant de parvenir dans son quartier. Comme il était encore trop tôt, il erra sur le trottoir.