La jeune femme continuait à fumer, sans dire un mot, souriant toujours d’un vague sourire qui semblait un masque aimable sur l’ironie de sa pensée.
Et Duroy, rougissant, bégayait:
—Excusez-moi... j’avais cru... j’avais pensé...
Puis brusquement, d’une voix claire:
—Je vous demande mille fois pardon, madame, en vous adressant encore mes remerciements les plus vifs pour la chronique si charmante que vous m’avez faite hier.
Puis il dit à Charles: «Je serai à trois heures au journal,» et il sortit.
Il retourna chez lui, à grands pas, en grommelant: «Eh bien, je m’en vais la faire celle-là, et tout seul, et ils verront...»
A peine rentré, la colère l’excitant, il se mit à écrire.
Il continua l’aventure commencée par Mme Forestier, accumulant des détails de roman-feuilleton, des péripéties surprenantes et des descriptions ampoulées, avec une maladresse de style de collégien et des formules de sous-officier. En une heure, il eut terminé une chronique qui ressemblait à un chaos de folies, et il la porta, avec assurance, à la Vie Française.
La première personne qu’il rencontra fut Saint-Potin, qui, lui serrant la main avec une énergie de complice, demanda: