—Bonjou, mon lieutenant.

Un des officiers était chef de bataillon, l’autre colonel. Le premier dit:

—Je ne vous connais pas, monsieur; j’ignore ce que vous me voulez.

Le nègre reprit:

—Moi aimé beaucoup toi, lieutenant Védié, siège Bézi, beaucoup raisin, cherché moi.

L’officier, tout à fait éperdu, regardait fixement l’homme, cherchant au fond de ses souvenirs; mais brusquement il s’écria:

—Tombouctou?

Le nègre, radieux, tapa sur sa cuisse en poussant un rire d’une invraisemblable violence et beuglant:

—Si, si, ya, mon lieutenant, reconné Tombouctou, ya, bonjou.

Le commandant lui tendit la main en riant lui-même de tout son cœur. Alors Tombouctou redevint grave. Il saisit la main de l’officier, et, si vite que l’autre ne put l’empêcher, il la baisa, selon la coutume nègre et arabe. Confus, le militaire lui dit d’une voix sévère: