Et il répandit cette eau sur le front nu du petit être qu’il portait, en prononçant:

«Je te baptise, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.»

Le train entrait en gare de Clermont. La figure de Mᵐᵉ de Bridoie apparut à la portière. Alors l’abbé, perdant la tête, lui présenta la frêle bête humaine qu’il venait de cueillir, en murmurant:

—C’est madame qui vient d’avoir un petit accident en route.

Il avait l’air d’avoir ramassé cet enfant dans un égout; et, les cheveux mouillés de sueur, le rabat sur l’épaule, la robe maculée, il répétait:

—Ils n’ont rien vu—rien du tout,—j’en réponds.—Ils regardaient tous trois par la portière.—J’en réponds,—ils n’ont rien vu.»

Et il descendit du compartiment avec quatre garçons au lieu de trois qu’il était allé chercher, tandis que Mᵐᵉˢ de Bridoie, de Vaulacelles et de Sarcagnes, livides, échangeaient des regards éperdus, sans trouver un seul mot à dire.

Le soir, les trois familles dînaient ensemble pour fêter l’arrivée des collégiens. Mais on ne parlait guère; les pères, les mères et les enfants eux-mêmes semblaient préoccupés.

Tout à coup, le plus jeune, Roland de Bridoie, demanda:

—Dis, maman, où l’abbé l’a-t-il trouvé ce petit garçon?