Elle assiste à tous mes rendez-vous, à toutes mes caresses qu’elle me gâte, qu’elle me rend odieuses. Elle est toujours là, habillée ou nue, comme ma vraie maîtresse; elle est là, tout près de l’autre, debout ou couchée, visible mais insaisissable. Et je crois maintenant que c’était bien une femme ensorcelée, qui portait entre ses épaules un talisman mystérieux.

Qui est-elle? Je ne le sais pas encore. Je l’ai rencontrée de nouveau deux fois. Je l’ai saluée. Elle ne m’a point rendu mon salut, elle a feint de ne me point connaître. Qui est-elle! Une Asiatique, peut-être? Sans doute une juive d’Orient? Oui, une juive! J’ai dans l’idée que c’est une juive? Mais pourquoi? Voilà! Pourquoi? Je ne sais pas!

L’Inconnue a paru dans le Gil-Blas du mardi 27 janvier 1885.

LA CONFIDENCE.

LA petite baronne de Grangerie sommeillait sur sa chaise longue, quand la petite marquise de Rennedou entra brusquement, d’un air agité, le corsage un peu fripé, le chapeau un peu tourné, et elle tomba sur une chaise, en disant:

—Ouf! c’est fait!