Il revint et, s’agenouillant à son tour pour lui parler:

—Voyons, calmez-vous, je vous en supplie. Ils vont remonter, calmez-vous. Il ne faut pas qu’on vous voie pleurer.

Elle se redressa effarée par cette idée que sa sœur pourrait la retrouver avec des larmes dans les yeux. Sa gorge restait pleine de sanglots qu’elle retenait, qu’elle dévorait, qui rentraient en son cœur pour le rendre plus gros de peine. Elle balbutiait:

—Oui... oui... c’est fini... ce n’est rien... c’est fini... Tenez... on ne voit plus... n’est-ce pas?... on ne voit plus.

Christiane lui essuyait les joues avec son mouchoir, puis le passait aussi sur les siennes. Elle dit à Paul:

—Allez donc voir ce qu’ils font. On ne les aperçoit plus. Ils ont disparu sous les blocs de lave. Moi je vais garder cette petite et la consoler.

Brétigny s’était relevé et, la voix tremblante:

—J’y vais... et je les ramène, mais il aura affaire à moi... votre frère... aujourd’hui même... et il m’expliquera sa conduite inqualifiable après ce qu’il nous a dit l’autre jour.

Il se mit à descendre en courant vers le centre du cratère.

Gontran, entraînant Louise, l’avait lancée de toute sa force sur le rapide versant du grand trou, afin de la retenir, de la soutenir, de lui faire perdre haleine, de l’étourdir et de l’effrayer. Elle, emportée par son élan, essayait de l’arrêter, balbutiait: